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 3 Chant et musique : autorisés ou non en islam ?

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MessageSujet: 3 Chant et musique : autorisés ou non en islam ?   Jeu 5 Juil - 17:14

Bref, disent ces savants, la règle générale est que l'utilisation des instruments de musique n'est pas autorisée. Cependant, poursuivent ces savants, les Hadîths du second groupe (B.2.2) fondent, par rapport à cette règle générale, une exception à propos du tambourin. C'est donc le tambourin et lui seulement qui est autorisé. Quatre avis existent ici quant aux occasions concernant cette exception :
– l'exception à la règle générale reste limitée au cas précis du mariage, exactement comme l'a souligné le Compagnon Qurza : "Il nous a été autorisé de pratiquer ce divertissement ("lahw") lors d'un mariage" ; c'est l'avis de certains savants (Islâm aur mûssîqâ, p. 311) ;
– l'exception à la règle générale reste limitée aux cas précis du mariage et du jour de fête (Eid) ; c'est l'avis de Al-Albânî (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, tome 4 p. 142) ; cela semble aussi être l'avis de Ibn Qayyim (Ighâthat ul-lahfân, tome 1 p. 387),
– l'exception à la règle générale reste limitée aux occasions de joie : mariage, jour de fête, lendemain de mariage, retour de voyage…; c'est un avis minoritaire au sein de l'école malikite (Islâm aur mûssîqâ, p. 311) ;
– l'exception concerne le tambourin en tant que tel, et son utilisation est donc en soi permise sans précision des occasions ; c'est l'avis du savant shafi'ite Al-Harawî (Islâm aur mûssîqâ, p. 285).
Et qu'est-ce que ce "tambourin", ce "duff" dont parlent des Hadîths et qu'évoquent ces avis ? Il s'agirait, d'après un avis, d'une sorte de petit tambour disposant de seulement une face que l'on frappe avec la main (voir Islâm aur mûssîqâ, p. 308).

D'autres savants encore sont de l'avis suivant : conformément aux Hadîths du premier groupe, qui parlent des "ma'âzif", la règle générale est que les instruments de musique sont à délaisser. Cependant, les Hadîths du second groupe fondent une exception par rapport à cette règle générale : l'utilisation du tambourin. Cette exception ne concerne cependant pas seulement le tambourin, mais tout instrument qui, comme lui, n'est pas employé que pour la musique et, de lui-même, ne ravit pas l'oreille quand il est utilisé ("lâ yut'rib"), à l'instar du "qadhîb" (une sorte de baguette). Ici aussi, des interprétations différentes apparaissent quant aux circonstances d'utilisation :
– pour Ibn ul-Humâm, la permission d'utiliser de tels instruments est limitée au cas du mariage et aux occasions de joie ; hormis ces cas, l'utilisation des instruments est à délaisser (Islâm aur mûssîqâ, p. 265) ;
– l'utilisation de tels instruments est en soi permise sans précision des occasions ; cela semble être l'avis de Ibn Qudâma (al-Mughnî, tome 14 p. 56-57).
Reste maintenant à faire une recherche approfondie pour établir qu'est-ce qui, selon ces savants, entre dans la catégories de ces instruments qui sont "lâ yut'rib"…


Synthèse de la réponse :

A la lumière des Hadîths et des avis que nous avons vus, il apparaît que l'utilisation du tambourin est permise (avec des divergences d'avis quant aux circonstances de son utilisation). Mis à part le tambourin, il est des instruments qui ne créent pas le "ravissement de l'âme" ("lâ yut'rib") ; d'après l'avis de certains savants, ces instruments-là sont aussi permis (avec les divergences que nous avons vues quant aux occasions de cette permission). Il y a, comme fondement de ces divergences, les argumentations que nous avons vues, et je me suis contenté de relater les différents avis.
Et puis il y a une troisième catégorie d'instruments, ceux qui "ravissent d'eux-mêmes l'âme" ("yut'rib") ; l'avis paraissant juste à leur sujet est celui qui dit qu'ils sont systématiquement à délaisser, et je ne partage donc pas à ce sujet l'opinion de al-Ghazâlî et de Ibn Hazm, ainsi que celle de al-Qardhâwî, qui a repris leur avis. La musique que ce type d'instruments produit n'est pas semblable à la mélodie des oiseaux ou à celle des voix humaines, car son rythme a un effet différent sur l'être humain ("yut'ribuhû wa yulhîh 'an hâjat dunyâhu wa hammi âkhiratih" : Hujjat ullâh il-bâlighah, tome 2 pp. 520-521). Cette instrumentation musicale est donc à éviter parce que produisant très souvent sur celui qui la joue et celui qui l'écoute un effet qui fait oublier le sens de la vie et le sens de la mesure (huwa mazinna lis-sadd 'an dhikr-illâh wa 'an-is-salât – wa yad'û qalîluhû ilâ kathîrih) ; même si quelqu'un se sent capable de ne pas subir cet effet, la règle est qu'il doit donc s'en abstenir (mithla-l-khalwa bil-mar'a : hiya mazinna lil-khatar, wa hiya harâm hattâ 'alâ man yazunnu nafsahû 'alâ amn min al-khatar).
Deux musulmans convertis à l'islam m'ont expliqué comprendre, par leur expérience passée, la nécessité de délaisser systématiquement ces instruments de musique. Ils étaient, dans le passé, des mélomanes avertis, m'ont-ils raconté, et avec le recul ils se sont aperçus que la musique met celui qui l'écoute dans un état particulier : chaque type de musique est, de par son seul rythme, capable de faire naître des émotions précises chez celui qui le joue et chez celui qui l'écoute [l'effet que ce genre de rythme produit sur l'homme est d'ailleurs un trait que l'homme a en commun avec d'autres êtres vivants de la terre (certains animaux sont sensibles à la mélodie, qu'on utilise par exemple pour les faire avancer plus vite) (voir la note de bas de page sur Madârij us-sâlikîn, tome 1 p. 535)]. L'un de ces deux musulmans m'a dit se souvenir avoir ressenti de l'amour, de la tristesse, voire de l'angoisse en écoutant telle ou telle musique. "J'arrêtai le disque, l'émotion cessait et je me retrouvai dans mon état réel, avec la perception réelle du monde autour de moi. Je mettais de nouveau le disque en marche et de nouveau naissaient cette émotion et cette perception différente de la réalité. J'ai fait cette expérience plusieurs fois avec des musiques différentes."

J'ai dit ne pas partager l'avis de Ibn Hazm et de al-Ghazâlî à propos des instruments de la troisième catégorie. Cependant, je ne me permets pas de les dénigrer (ta'n) à cause de cet avis, ni eux ni ceux des musulmans qui ont la même opinion qu'eux à ce sujet. Trop de frères ont recours au dénigrement et semblent oublier que "hormis le Prophète, chaque savant est sujet à l'erreur d'interprétation". Les musulmans du monde entier gagneraient beaucoup à parvenir à faire la différence entre la takhti'a (établir, après des recherches approfondies, qu'un savant s'est trompé et donc ne pas suivre son opinion), et le ta'n (dénigrer le savant qui s'est trompé). Le livre Raf' ul-malâm 'an il-aïmmat il-a'lâm, de Ibn Taymiyya, est particulièrement intéressant à ce sujet.


Rappels :

Il est des actes qui sont permis en soi mais dont il arrive qu'une personne précise sait pertinemment que chaque fois qu'elle le fait, il la conduit à tomber dans ce qui est interdit. A ce moment-là cette personne précise doit s'abstenir de cet acte précis (Fatâwâ mu'âsira, tome 2 p. 494).

Les règles ne doivent pas nous faire oublier les principes d'éducation dans la foi et de progressivité dans le rappel, qui font qu'il ne faut pas rappeler une interdiction dès les premiers rappels adressés à un frère ou à une sœur. Il faut au contraire privilégier la compréhension des priorités, l'accompagnement dans la foi, et le rappel progressif.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
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