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 2 Chant et musique : autorisés ou non en islam ?

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MessageSujet: 2 Chant et musique : autorisés ou non en islam ?   Jeu 5 Juil - 17:14

B.2.2) Un second groupe de Hadîths, qui semble permettre des instruments de musique :

Le Prophète a dit : "La différence entre (la relation) permise et (celle) interdite est le tambourin et la voix" (rapporté par At-Tirmidhî, n° 1088, An-Nassaï, n° 1896).

Alors que Aïcha avait fait l'organisation d'un mariage, le Prophète lui dit : "Aïcha, n'aviez donc vous pas de divertissement ? Les Ansâr aiment le divertissement" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 4868). Dans une autre version : "Si vous aviez envoyé une petite fille qui jouerait du tambourin et chanterait !" "Qui dirait quoi ?" "Qui dirait : "Nous sommes venus à vous, nous sommes venus à vous, salut à nous, salut à vous"" (Fat'h ul-bârî, commentaire de ce Hadîth). As-Suyûtî a écrit que le terme "jâriya" désigne la fille non-pubère, comme le mot "ghulâm" indique le garçon non pubère (Islâm aur mûsîqâ, p. 189).

Amir ibn Sa'd raconte s'être rendu auprès de deux Compagnons, Qurza ibn Ka'b et Abû Mas'ûd, à l'occasion d'un mariage. Il vit des petites filles qui chantaient. Il leur dit alors : "Vous êtes deux Compagnons du Prophète, des gens de Badr [de surcroît], et on fait cela près de vous !" Qurza lui répondit : "Assieds-toi si tu le veux et écoute, et pars si tu le veux. Il nous a été autorisé de pratiquer ce divertissement ("lahw") lors d'un mariage" (rapporté par An-Nassaï, n° 3383). Le terme employé ici par Qurza, "lahw", ne désigne pas le divertissement en tant que tel, puisque ce n'est pas uniquement lors de mariages que les divertissements "neutres" sont permis ; ce terme désigne ici "la musique", car c'est un des noms donnés à la musique (Ighâthat ul-lahfân, tome 1 p. 360). Le Compagnon voulait dire que l'emploi du tambourin a été autorisé lors des mariages.

Rubayyi' bint Mu'awwidh raconte que le lendemain de son mariage, elle reçut la visite du Prophète. Elle raconte : "Quelques petites filles jouaient du tambourin et faisaient les éloges de mes parents morts à Badr. Tout à coup l'une d'entre elles dit : "Et parmi nous se trouve un prophète qui sait ce qu'il adviendra demain". Le Prophète fit : "Délaisse ce propos et dis plutôt ce que tu étais en train de dire"" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 4852, Ibn Mâja, n° 1924).

Un jour de Eid, deux petites filles ("jâriya") chantaient et jouaient du tambourin dans l'appartement de Aïcha, alors que le Prophète était allongé et s'était recouvert le visage. Abû Bakr entra et reprocha à Aïcha cet état des choses en disant : "Un son du diable dans la maison du Messager de Dieu ?" Mais le Prophète lui dit : "Laisse-les, Abû Bakr, chaque peuple a son jour de fête, et aujourd'hui c'est le nôtre" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 3337 etc., Muslim, n° 892).

Après que le Prophète soit revenu d'une campagne, une servante noire vint le voir et lui dit : "J'avais fait le vœu de jouer du tambourin et de chanter devant toi si Dieu te faisait retourner sain et sauf." Le Prophète lui dit : "Si tu en avais fait le vœu, joue en, sinon non". Elle se mit donc à le faire. Abû Bakr entra alors qu'elle le faisait, puis Alî entra alors qu'elle le faisait, puis Uthmân entra alors qu'elle le faisait toujours, puis Omar entra, elle déposa le tambourin et s'assit dessus (rapporté par At-Tirmidhî, n° 3690).

Le Prophète passait dans un lieu de Médine ; des petites filles jouaient du tambourin et chantaient ; elles disaient : "Nous sommes des petites filles de Banu-n-Najjâr ; comme il est bien que Muhammad soit notre voisin !" Le Prophète dit alors : "Dieu sait que j'ai de l'affection pour vous" (rapporté par Ibn Mâja, n° 1926). D'après Cheikh Abd ul-Mu'izz, cet événement s'est passé quand le Prophète est arrivé à Médine (Islâm aur mûssîqâ, pp. 217-218, note de bas de page).

B.2.3) Différents avis ont vu le jour chez les savants par rapport à leurs différentes façons de concilier ces deux groupes de Hadîths :

Le savant andalou Ibn Hazm est d'avis que les Hadîths du premier groupe sont soit non-authentiques, soit sont authentiques mais ne sont pas formels quant à l'interdiction. En l'absence de textes à la fois authentiques et clairs, les instruments de musique restent donc dans la permission originelle du moment que dans les faits on ne les utilise pas en manquant aux autres principes de l'islam (= mubâha fîn nafsihâ, wa lâkin tahrum lil-'aridh). D'après Ibn Hazm, le Hadîth rapporté par Al-Bukhârî (n° 5268) n'est pas authentique car sa chaîne de transmission n'est pas continue entre Al-Bukharî et Hishâm (Al-Muhallâ, tome 7 p. 565). Et du Hadîth rapporté par Abû Dâoûd (n° 4924), Ibn Hazm dit qu'il montre certes que le Prophète a préféré ne pas écouter la musique, mais si cela était interdit, il aurait ordonné à Ibn Omar de ne pas l'écouter aussi ; or il ne l'a pas fait (Al-Muhallâ, tome 7 p. 570). Faire de la musique ou en écouter n'est donc, selon Ibn Hazm, pas interdit tant que cela n'entraîne pas quelque chose d'interdit [voir le point A, au début].

Al-Ghazâlî est d'avis que, parmi les instruments de musique, sont interdits "les instruments à corde", "les flûtes", "le gros tambour", ainsi que "les instruments de musique qui sont utilisés habituellement par ceux qui mènent leur vie hors des principes éthiques de l'islam" (Al-Ihyâ, tome 2, pp. 424, 429, 438). Les autres instruments, écrit-il, restent dans la permission originelle, et il cite "le tambourin, même avec des clochettes, le tambour, le "shâhîn", le "qadhîb" etc." (Idem, p. 438, p. 424).

Les autres savants sont d'avis que, en vertu des Hadîths du premier groupe, la règle générale à propos des instruments de musique est l'interdiction.
En effet, soulignent-ils, le Hadîth n° 5268 rapporté par Al-Bukhârî est bel et bien authentique. Hishâm ibn 'Ammâr est un transmetteur tout à fait fiable. Al-Bukhârî lui-même, dans son livre As-Sahîh, n'a pas rapporté de Hishâm ibn 'Ammâr que le Hadîth qui concerne la musique (le n° 5268), mais également 3 autres Hadîths différents, n° 1972, n° 3461 et n° 3951, considérés comme authentiques. De plus, An-Nassaï a rapporté de lui plus de 15 Hadîths différents dans son Sunan. Aboû Dâoûd a rapporté de lui plus de 16 Hadîths dans son Sunan, At-Tirmidhî 1 Hadîth dans son Jâmi', et Ibn Mâja plus de 330 dans son Sunan. D'un autre côté, la chaîne de transmission de ce Hadîth est tout à fait continue (muttasil). En effet, Hishâm ibn 'Ammâr est un des professeurs de Al-Bukhârî. Parmi les 4 Hadîths que Al-Bukhârî tient de Hishâm, il y en a 2 (les n° 1972 et 3461) qui sont cités avec, en début de chaîne, la formule "Hishâm nous a rapporté que…" ("Haddathanâ Hishâm ibn 'Ammâr"). Ceci montre bien que Al-Bukhârî a rencontré Hishâm, qui est son professeur direct. Et même à supposer que, pour ce Hadîth n° 5268, la chaîne de transmission citée par Al-Bukhârî ne soit pas continue entre lui et Hishâm mais interrompue (mu'allaq), il ne faut pas oublier que d'autres auteurs de recueils de Hadîths ont mentionné le même Hadîth avec la même chaîne de transmission reposant sur Hishâm ibn 'Ammâr, mais où la chaîne est explicitement continue (muttasil). Ainsi Ibn Hibbân, At-Tabarânî et Al-Bayhaqî ont cité, dans leur recueil respectif de Hadîths, ce même Hadîth avec la même chaîne de transmission reposant sur Hishâm ibn 'Ammâr, et qui est explicitement continue (muttasil) (voir Fat'h ul-bârî, et Silsila al-ahâdîth as-sahîha, tome 1 p. 186). Enfin, d'autres auteurs de recueils de Hadîths ont mentionné le même Hadîth avec une chaîne de transmission qui ne passe pas par Hishâm ibn 'Ammâr : voir ce qu'a rapporté Ibn Mâja, Sunan, n° 4092. Bref, ce Hadîth est authentique et indique les instruments de musique sont interdits puisqu'il dit que des gens les considèreront permis.
Quant au Hadîth rapporté par Abû Dâoûd (n° 4924), si le Prophète n'a pas dit à Ibn Omar de se boucher les oreilles et si, plus tard, Ibn Omar n'a pas non plus dit à Nâfi' de le faire, c'est parce qu'ils ne faisaient que passer et ils n'écoutaient pas (istimâ'), ils entendaient (simâ') sans le vouloir : or, c'est écouter qu'il faut éviter, mais quand on n'a pas d'autre choix que celui de passer en un tel lieu, on n'est pas obligé de se boucher les oreilles ; c'est pourquoi si le Prophète a choisi de le faire lui, il n'a pas ordonné à Ibn Omar de le faire aussi ; plus tard Ibn Omar a agi de même sans ordonner à Nâfi' de le faire : ce n'était pas obligatoire (Majmû' ul-fatâwâ, tome 30 pp. 212-213, Al-Mughnî, tome 14 pp. 55-56).
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